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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 11:20

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv16154963.jpg« Berlin, capitale de l’Allemagne et de l’Europe, capitale de la fête, capitale de la liberté… Berlin où l’on vient tour à tour s’encanailler et s’inspirer, une ville qui n’en finit pas de connaître des transitions. En huit chapitres décoiffants, Une vie de Pintade à Berlin vous guidera dans ses coulisses féminines, avec carnet d’adresses pointu et radioscopie en profondeur des habitants.

Féministes et indépendantes, rebelles et libertaires, les Berlinoises portent leur ville chevillée au corps. Elles sont DJettes, designers, actrices porno-lesbiennes, éternelles adolescentes ou mères de famille. Elles sont naturelles, sans fards, sans artifices. La mode est d’abord pratique pour elles, qui filent sur leurs vélos le long de la Spree. Leurs cafés sont légendaires, leurs brunchs dominicaux, incontournables, leurs saucisses, mythiques, et leurs saunas, indispensables.

Qu’on ne vienne pas leur dire qu’à Berlin l’hiver est trop long : les salles de vapeur sont là pour réchauffer les corps, les marchés de Noël pour réchauffer les cœurs et, pour se réchauffer les sangs, les Pintades berlinoises savent faire la fête jusqu’au bout de la nuit.

Que vous soyez Berlinoise pour un week-end, une année ou une vie, Une vie de Pintade à Berlin vous montrera le chemin des plaisirs teutons. Afin que vous aussi puissiez dire : « Ich bin eine Berlinerin. » (4ème de couverture)

 



Késésé une pintade ?

 

« Pintade : n.f. Oiseau galliforme originaire d'Afrique, de la famille des phasianidés. » Bon ok, en même temps vous devez tous plus ou moins savoir à quoi ressemble une pintade. Alors qu'en est il de cet ouvrage? L'auteur tente-t-elle de monter un élevage de volailles en cette belle ville de Berlin ? Que nenni...

 

Cette histoire de pintade, c'est à l'origine une idée de Laure Watrin et Layla Demay , qui n'ont pas peur de dire haut et fort que « Quand on est une femme aujourd’hui, on est forcément un peu pintade. » Sans rien de péjoratif, ce terme est au contraire un pied de nez des auteur(e)s, qui ferait donc de la « Pintade » la nouvelle égérie du féminisme. Rien que ca .

 

Ces deux pintades ont donc commencé l'aventure en 2004 avec « Les Pintades à New York » . Cette collection, qui met l'accent sur l'impression de la lectrice d'avoir « une meilleure amie dans chaque ville », rencontre très vite son public et le succès. Laure et Layla vont donc continuer avec Paris et la cuisine, puis vont laisser la main à différentes pintades vivant aux quatre coins du globe, toutes journalistes de formation. Et les pintades nous promènent donc à Londres, Berlin, Madrid ou encore, plus surprenant, à Téhéran et Beyrouth. La pintade est un être qui s'adapte à tous les climats !

 

Mais revenons à nos moutons. Notre pintade en chef du jour s'appelle Hélène Kohl, petite brune toute pimpante et pleine d'énergie. (Et qui n'aime pas la Currywurst.) Vivant à Berlin depuis bientôt 10 ans, elle y travaille en tant que journaliste indépendante, et collabore régulièrement avec Europe 1,  LCI, le Journal du Dimanche ou encore Les Dernières Nouvelles d'Alsace , et couvre pour eux l'actualité teutonne.

 

En parallèle, elle travaille sur des projets plus conséquents, et a participé entre autres à des documentaires sur le terrorisme ou la toxicomanie. Cerise sur la pintade, elle a reçu le  Prix Franco-allemand du Journalisme pour un reportage radiophonique sur la coupe du monde de football en Allemagne.

 

Une pintade certes, mais qui en a dans la citrouille ! Et qui ne prend pas le melon (Je suis d'humeur potagère ce matin) , puisque, avec quelques autres bloggeurs nous avons eu le plaisir de la rencontrer (avec Laure Watrin ) au Café Titon (Bar franco-allemand, natürlich), et ce fut vraiment très sympathique.

 

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  Entre bretzels, Bionade et currywurst, on comprend aisément qu'elle ai été choisie pour rédiger cet ouvrage: il suffit de lancer un peu le sujet sur Berlin, ses yeux s'allument, et nous voilà partis pour apprendre mille et une choses sur la vie berlinoise. Non seulement elle aime Berlin (et ca se sent), mais elle arrive à communiquer cet enthousiasme à son public.. à tel point qu'on irait bien faire un petit tour sur les rives de la Spree pour nos prochaines vacances.

 

Paris-Berlin, 800 km, 380 pages

 

Bon. La collection est sympa. L'auteur est sympa. Venons en à l'objet en lui-même, cette fameuse « Vie de pintade à Berlin ». En toute honnêteté, je n'étais pas vraiment motivée au départ. Mes derniers contacts avec l'Allemagne remontent au lycée et se soldent par: 5 ans d'apprentissage, 3 mots retenus, et le principal souvenir de ma visite à Bonn  est celui de l'usine Haribo (« Haribo macht kinder froh, und erwachsene ebenso » ).

 

Et, une fois n'est pas coutume, je fut agréablement surprise (Mais c'est quoi ces auteurs qui écrivent bien ! C'est fatiguant à la fin !) Le premier chapitre n'est peut être pas le meilleur pour rentrer dans le livre, mais bon.. le pli est vite pris, et on dévore l'ouvrage sans vraiment s'en rendre compte.

 

En effet, le ton est simple et léger, très sympathique, à mi-chemin entre le blog de voyage informel et la conversation entre copines. Par contre ca reste de la conversation de gonzesses, messieurs je ne suis pas certaine que vous adhériez.. !

 

La mise en page est très astucieuse (et renforce la sensation de « blog ») : l'ensemble de l'ouvrage est découpé en 8 grandes parties (la mode, la nourriture, la maternité etc ), et chacune de ces parties est découpée en petits paragraphes.

 

Mis à part le fil conducteur du chapitre, chaque paragraphe est indépendant, et raconte un petit bout de vie berlinoise, l'histoire d'une personnalité, une anecdote... avec en fin de chapitre un petit recueil des bonnes adresses, chacune commentée par l'auteur. Tout est très personnalisé, et les petits dessins qui ponctuent le tout, avec une griffe très sympathique, finissent de charmer la lectrice.

 

Contrairement à ce que je craignais, on est loin, très loin du guide traditionnel et rébarbatif. Tout reste très fluide, avec un style naturel et drôle qui nous donne envie d'en savoir plus. Et voilà comment, sans en avoir l'air, on apprend mille et un chose sur la vie des Berlinoises.

 

Car malgré ce côté « papotage pintadesque », cet ouvrage n'est pas superficiel, loin de là.. parfois étude sociologique ou historique, il nous permet de prendre, à petite échelle bien sur, la température de cette ville, qui reste encore marquée par son passé. Même si, il faut bien le dire, tout n'est pas traité dans cet ouvrage.. on reste d'un point de vue pintadesque, ne l'oubliez pas !

 

Par ailleurs, n'étant pas dans une période germanophile, ce guide restera malheureusement lettre morte pour moi pendant un moment.. mais je sais désormais quoi offrir à celles qui partiront là bas.. que ce soit en week-end ou pour la vie! Car points de sentiers touristiques, c'est un petit guide de la vie berlinoise de tous les jours qu' H.Kohl nous offre ici.

 

Cela m'a également permis de découvrir la collection des pintades, et si les autres ouvrages sont écrits de la même façon, je vais sérieusement songer à me les procurer pour mes prochains voyages.. ou peut être même simplement pour mes ballades à Paris !

 

 

Et j'en profite pour remercier:

- Laetitia, qui m'a gentiment invitée à cette rencontre et fait découvrir cet ouvrage (et cette collection)

- Hélène Kohl et Laure Watrin, pour nous avoir offert un peu de leur temps.

- Les éditions Calmann-Lévy , qui éditent les fameuses pintades :)

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 13:33

http://www.fant-asie.com/wp-content/uploads/2011/03/Zombie-Island-de-David-Wellington.jpg« A la suite d'une catastrophe mondiale les pays les plus développés sont envahis par des hordes de zombies cannibales. Seules quelques enclaves subsistent, en Somalie notamment. A la recherche d'un remède au virus, un groupe d'adolescentes surarmées, menées par un vétéran, se rend à New York. Tous se croient préparés au pire. Mais dans l'île de Manhattan en ruine, ils vont bientôt découvrir que la non-mort est loin d'être le destin le plus terrifiant... » (4ème de couverture)

 

Les (bonnes) surprises du net

 

David Wellington est né en 1971 en Pennsylvanie. Je vous rassure il n'y restera pas longtemps, et après avoir fait un petit tour à Syracuse et Denver, il va définitivement poser sa valise à New-York. 

 

Il fait partie de cette génération d'écrivains qui sont découverts par le public grâce à Internet. En effet, en 2004, il commence à écrire une histoire de zombies pour le blog d'un ami, sur lequel il poste de courts chapitres, trois fois par semaine. Rapidement, l'originalité de son histoire le rend culte à travers tous les États-Unis, à tel point qu'il est approché par une maison d'édition pour regrouper ses publication en un roman,« Zombie Island ». Il donnera également une suite à cette histoire, directement sous forme de roman cette fois ci, « Zombie Nation » et « Zombie Planet ».

 

Après les zombies, il décide de donner un coup de neuf au mythe des vampires, avec les 4 romans de « Vampire Story » (Oui, après « Zombie story ».... on sent les éditeurs très inspirés pour le nom de ces sagas ^^) , puis s'attaque tout naturellement aux loups-garous à partir de 2009.

 

Vous l'aurez compris, David Wellington aime faire du neuf avec du vieux, et, comme nous allons le voir tout de suite, son succès n'est pas démérité, loin de là.

 

Dur, dur d’être un zombie… 

 

Dekalb est ce qu’on appelle un objecteur de conscience. Américain, il travaille pour les Nations Unis afin de démilitariser l'Afrique, tâche ardue s'il en est, et passe son temps à tenter d'éradiquer la tradition des « enfants-soldats », ultime ignominie selon lui. Et pourtant, ce sont ces mêmes enfants-soldats, ces mêmes chefs de guerres locaux qui lui permettront de survivre quand, pour une raison inconnue, la population mondiale se transformera en zombies.

 

Seules quelques petites enclaves résistent à cette pandémie. Dekalb est dans l'une d'entre elles avec sa fille Sarah, sous la protection de Mama Halina, la chef(fe) locale. Mais Mama Halina est gravement malade, et sa mort serait catastrophique pour la survie du groupe.

 

En tant que membre des Nations-Unis, il connait l'ensemble des hôpitaux de campagne, et est donc chargé, avec l'aide d'une troupe d'adolescentes surarmées, de trouver les bons médicaments, tandis que sa fille est gardée en otage.

 

Malheureusement, après avoir parcouru l'Afrique de long en large, les fameux médicaments restent introuvables. Alors lui vint une idée effarante: aller à New York, au siège des Nations-Unies, où il sait qu’il trouvera les soins en question.

 

Mais New York est désormais une ville morte..enfin, morte-vivante. Et notre petite équipe va bientôt faire la connaissance de la pire des choses qui puisse arriver : un zombie... intelligent.

 

Entre lutte contre les zombies, libération des quelques survivants restants, et guérilla urbaine entres morts-vivants et vivants à moitié morts, David Wellington nous entraîne au travers d'une histoire haletante et surprenante, nous laissant refermer ce livre sur la promesse de nouveaux rebondissements...

 

« May I have a little taste of your brain? » (a.k.a « Braiiiiiiiiins »)

 

L’origine « blogesque » de cette histoire se ressent dès les premières lignes : le lecteur est directement plongé dans l’ambiance, et l’auteur ne nous offre aucun temps mort pour reprendre son souffle. L’histoire est découpée en chapitre clairs et nets, où l’on suit les histoires parallèles (et parfois croisées) des différents protagonistes.

 

Du fait de la publication par chapitre, l’auteur pouvait en effet difficilement se permettre d’étaler l’action sans fin, au risque de perdre ses lecteurs. Cela donne donc une narration extrêmement vive et efficace, parfaitement adaptée à ce type de sujet. Et donc forcément, bleus que nous sommes, on se laisse littéralement embarquer par l’histoire à peine l’ouvrage ouvert.

 

Nous voilà donc happés dans une histoire très rythmée, qui met en scène des personnages variés et hauts en couleur. Tous sont intéressants et on leur propre psychologies qui parfois s’affronte en fonction des cultures. Bien que certains soient assez stéréotypés (Le soldat par exemple…), on s’attache très vite aux personnages principaux, à savoir Dekalb, trouillard et gaffeur, mais qui ira jusqu’au bout par amour pour sa fille ; et sa bande de collégiennes voilées et armées jusqu’aux dents. Sans parler de Gary, que l’on prend plaisir a découvrir, et que l’on prend ensuite plaisir à haïr.

 

Et oui, car Gary est LA trouvaille de cette histoire, la réelle originalité : en effet, c’est n’est rien de moins qu’un zombie… intelligent. (Damned !!!) Cette état de fait est amené de façon logique et intelligente, et très vite on s’accroche à ce personnage, à son évolution, à son esprit partagé entre ce qu’il lui reste d’humain et ses instincts de zombies (Vous savez… : « Braaaaains.. etc  »).

 

Malheureusement vers la moitié du roman on tombe dans une sorte de délire mystique un peu « gros », qui pour ma part m’a sérieusement refroidie. Mais bon, une fois qu’on accepte cette hypothèse (en même temps a-t-on vraiment le choix ? ^^°), on recommence à se laisser embarquer dans le flot de l’histoire.

 

Après toute une série d’aventures parfois surprenantes, on aboutit à une fin à l’image du roman, toute en apothéose et où le lecteur reste le souffle coupé jusqu’à la dernière ligne…. et se mords les doigts de ne pas avoir la suite sous la main.

 

En parlant de suite, même si l’on souhaite en effet découvrir ce qu’il advient de nos personnages, le fait que les romans aient été écrits après-coup, une fois le succès établi et les éditeurs appâtés me laisse un peu dubitative. Je crains de tomber sur une suite commerciale, n’ayant pas le talent du premier opus. Mais bon,  à essayer.

 

Quoiqu’il en soit, si vous aimez un tant soit peu ce genre d’histoire, n’hésitez pas à lire « Zombie Island ». Bien que très différent d’un « World War Z » (qui reste mon coup de cœur absolu en matière de zombies), il n’en reste pas moins très (sur)prenant !

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 16:59

http://www.decitre.fr/gi/62/9782253023562FS.gif« XIè siècle, Angleterre. Depuis l’arrivée des envahisseurs normands, les Celtes ont été repoussés dans les montagnes  du pays de Galles. Traqué comme un animal, Bran ap Brychan, héritier du trône d’Elfael, a été contraint d’abandonner le royaume de son père pour se réfugier dans la forêt des Marches, des bois primitifs où le danger rôde… »(4ème de couverture)

Dans la vallée woh woh…

Stephen Ray Lawhead est né en 1950 dans le Nebraska. Dès le lycée il met a contribution son talent pour écrire une colonne humoristique dans le journal local, et écrit également beaucoup de poèmes et nouvelles.

 

Diplômé en Art en 1973, il devient 2 ans plus tard assistant éditorial et journaliste dans le magasine Campus life.

 

C’est au début des années 80 qu’il d’écrire sa première trilogie, « La Saga du Roi Dragon », ouvrage de fantasy et de science-fiction, qui rencontrera un succès mesuré.

 

Pas découragé pour autant, il part à Oxford (Angleterre) en 1986 et se lance dans une année de recherches intensives pour son prochain ouvrage, ré-interprétation et compilation des légendes liées au roi Arthur,  légendes celtes mâtinées du mythe d’Atlantis. C’est ainsi que naitra le « Cycle de Pendragon », véritable best-seller  traduit dans de nombreuses langues et vendu a plus de trois millions d’exemplaires dans le monde. Cette saga a été saluée par la critique comme un vrai renouvellement du genre traditionnel de la fantasy médiévale/celte.

 

Son intérêt croissant pour l’histoire et la culture celtique seront à l’avenir une dominante importante de son œuvre.


Une nouvelle trilogie baignant dans les même racines sera crée à la fin des années 80, le « Cycle du chant d’Albion », pour laquelle il reviendra s’installer définitivement à Oxford.


Dans les années 90 sont publiés « Byzantium », puis la trilogie des « Croisades celtiques », et enfin « Avalon : Le retour du roi Arthur »,  one-shot lié au monde du « Cycle de Pendragon. » (Vous l'aurez compris, Stephen aime la culture celte..)


Après une biographie romancée de la vie de Saint Patrick, il se consacre à partir de 2006 à sa nouvelle trilogie, « Le roi Corbeau » qui comme le « Cycle de Pendragon », reprends une légende connue, celle de Robin des Bois, pour la réécrire en mêlant légendes et réalités historiques.


Son dernier projet, « Bright empires », comptera cinq volumes, dont le premier, « Skin Map » est sorti en 2010, et le second, « The Bone House » est attendu pour cet été (en VO).

Quand « Rhi Bran le Hud » devient « Robin Hood »

 

Bran ap Brychan vit une petite existence tranquille au château de son père, roi de l’Efael. L’Elfael, c’est une belle vallée, un petit royaume perdu au Pays de Galles, où la vie est rude mais la nature généreuse. Et Bran en sait quelque chose de la générosité de la nature, lui qui passe son temps à voleter d’un giron à un autre, profitant au mieux des plaisirs de la vie.

 

Tout va changer le jour où le nouveau roi normand, William Rufus dit « le Rouge », fils de Guillaume le Conquérant, décide de donner l’Elfael en récompense à un de ses barons. Falkes de Broase, neveu de l’intéressé, est donc chargé de gérer ces terres. Et commence sa nouvelle tâche en massacrant le père de Bran, et en laissant ce dernier pour mort dans la forêt.

 

Pendant que Falkes continue son œuvre destructrice en affamant et terrorisant la population, Bran est recueilli par Angarhad , vieille femme vivant dans et de la forêt, un peu guérisseuse et un peu sorcière. Cette dernière va lui sauver la vie, dans tous les sens du terme : en le guérissant physiquement, mais aussi en lui donnant une raison de vivre et de combattre.

 

C’est à ses côtés que Bran, qui ne pensait jusque là qu’à s’enfuir vers le nord, va devenir Rhi Bran, le roi de la forêt, et va prendre sous son aile le peuple de la forêt. Mais il va surtout faire tout son possible pour libérer son peuple de l’envahisseur ffreinc.

 

Une petite gourmandise qui se dévore bien vite

Avant d'ouvrir cet ouvrage, il faut bien le dire, j'étais un peu circonspecte: le mythe de Robin des Bois, on le connait.. que ce soit à la sauce Disney ou Kevin Costner, on l' a vu, vu et revu. Etait-il vraiment nécessaire de réécrire encore une fois son histoire ?

Bon, ayant déjà lu le « Cycle de Pendragon » , j'étais déjà un peu moins frileuse, puisque cet auteur m'avait agréablement surprise la dernière fois.

Fidèle à son style, l'auteur nous offre ici un roman dense, riche en descriptions qui apporte une réelle touche à la vie de son histoire, même si parfois, en pleine action, on apprécierait qu'il passe un peu les détails.

 

On baigne tout au long de l'histoire dans une atmosphère celte, les habitants de l'Elfael étant eux-même en lutte contre tout envahisseur, qu'il soit Saxon ou Normand. Cela est rendu possible par une petite extravagance de l'auteur, qui transpose son récit au Pays de Galles, au lendemain de la conquête de l'Angleterre par les Normands (Et non pas en Angleterre à l'époque du roi Richard Cœur de Lion).

Extravagance qui ne l'est pas tant que ca au final, car comme l'explique l'auteur, la légende de Robin des Bois prend racine bien avant l'époque de « Notthingham ». Et de ce fait, tout est renommé.. en celte! Exit Robin, Nottingham et Marianne, bienvenue Bran, Elfael et Mérian. Petit défi supplémentaire pour le lecteur qui prend un malin plaisir à essayer de retrouver qui est qui. Avec plus ou moins de succès...

 

Un des points forts de cet ouvrage, outre le plaisir de retrouver cette légende, est la profondeur des personnages. Tous les protagonistes ont un psychologie bien particulière, fruit d'une succession d'évènements qui nous sont expliqués, et qui sont loin d'être des stéréotypes. (Les « méchants » ne sont pas méchants par nature, chaque action à une cause bien précise.) Il faut savoir par ailleurs que la plupart des personnages évoqués ont réellement existé.


S.Lawhead leur donne donc vie ici d'après ses recherches minutieuses, et les dote d'une réelle profondeur: le lecteur suit leurs réflexions, leur évolutions, leurs choix, leurs changements, et à plus forte raison dans le cas de Bran, qui de gamin cherchant à fuir va devenir un réel leader prêt à tout pour protéger son peuple.

 

Cette transformation, qui ne se fait pas sans mal (et avec une touche de magie celte), est d'ailleurs la trame de fond de ce roman, et on prend plaisir à voir ce personnage grandir de la sorte. Même si au début on se demande bien ce que l'auteur va pouvoir faire d'un tel freluquet !


A la clôture de ce roman, je n'avais qu'une envie.. avoir le volume suivant sous la main! Car bien qu'on connasset la trame générale de l'histoire, les faits, les lieux, les personnages sont totalement réinventés, avec une vivacité et une présence telle qu'on ne peut que suivre l'auteur et se demander ce qu'il nous réserve à nouveau comme surprise. D'autant plus que le volume suivant est, d'après son titre, dédié à William le Rouge, ce fameux roi dont on parle si peu dans ce premier volume.


L'auteur a donc (pour ma part) encore une fois gagné son pari, celui de passionner et de surprendre ses lecteurs avec une légende connue de tous, et qui semble renaître sous sa plume.

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 18:40

 

http://2.bp.blogspot.com/_58J0SDNoOTY/S--1WcNjyNI/AAAAAAAAAP4/6z0vIOq0j10/s1600/0903-anita1.jpg« Mon nom est Anita Blake. Les vampires, eux, m’appellent « l’Exécutrice » et par égard pour les oreilles les plus chastes, je ne vous dirai pas comment, moi, je les appelle. Ma spécialité, au départ, c’était plutôt les zombies. Je relève les morts à la nuit tombée pour une petite PME. Ce n’est pas toujours très exaltant et mon patron m’exploite honteusement, mais quand on a un vrai don, ce serait idiot de ne pas s’en servir. Tuer des vampires c’est autre chose, une vieille passion liée à des souvenirs d’enfance. Depuis qu’ils sont officiellement reconnus et ont pignons sur rue, ils se croient tout permis. Certes, il y en a de charmants, voire très sexy, mais il y en a aussi qui abusent. Ceux-là je les élimine. Rien de tel pour garder la forme : ca vous fouette le sang ! » (4ème de couverture)

 

« Quand je serais grande, j’écrirais des histoires de vampires sado-maso ! »


La petite Laurell Kaye Hamilton est née en hiver 1963 dans une petite ville de l’Arkansas. Elle est mondialement connue pour ses écrits mêlant horreur, et fantasy, et notamment les deux séries contant les aventures romantico-athletico-vampiro-sado-maso des demoiselles Anita Blake et Meredith Gentry.


Les aventures d’Anita Blake ont débuté en 1993 et compte à ce jour 19 volumes (Argh..). Sa petite sœur Meredith a fait ses débuts en 2000, et se contente de 8 petits volumes (Re-argh).

Les deux séries sont globalement assez proches, puisqu’elles traitent toutes deux des aventures de femmes sans peur et sans reproches (Ouh yeah) dans un monde moderne où magie et monstres sont monnaie courante (et publique). La seule différence réside dans le fait qu’Anita traite avec des vampires quand Meredith se frite avec les elfes..


A mi-chemin entre du Anne Rice période « Vampires » et du Harlequin porno-soft, les deux séries baignent dans une ambiance de fantastique ou les rapports sado-maso sont une constante des relations entre les personnages.

 

Anita et le Grand Méchant Vampire

Dans ce premier volume de la saga intitulé « Plaisirs coupables » (Tout un programme), nous découvrons donc Anita. Mle Blake est ce qu'on appelle une réanimatrice, à savoir qu'elle a un petit CDI dans une boîte spécialisée en réveil (temporaire) des morts. Un petit problème concernant l'héritage, pas eu le temps de faire un bisou avant la fin .. vous allez les voir et hop c'est réglé.

 

En plus de ce job original, Mlle Blake se passionne pour l'extinction massive des vampires. Et oui, car les vampires sont connus, tolérés et même intégrés (plus ou moins bien) à la vie courante. Mais s'ils ont le malheur de grignoter un peu trop d'humains, on délivre à Anita Blake des « permis de tuer » qui lui permettent d'aller s'amuser un peu.. et de se faire au passage pas mal d'ennemis dans la grande famille des vampires.


Le roman débute donc dans une boite de strip-tease un peu particulière, tenue par un vampire, Jean-Claude. Il est sensé être superbe, beau, vaporeux, irrésistible (comme à peu près tous les vampires dans ce bouquin), mais déjà avec un prénom pareil c'était mal barré. Et par un procédé ignoble et digne de la pire commère de quartier, il réussit à amener Anita jusqu'à Nikolaos, le Maître de la ville. Lequel maître s'avère être une sale gamine terriblement puissante aux tendances SM, secondée par une brochette de vampires tous plus cinglés les uns que les autres (et sublimes hein, je ne vais pas le répéter à chaque fois c'est une constante) .


Nikolaos a besoin d'Anita pour découvrir qui s'amuse à massacrer des vampires en ville depuis quelques temps. Si elle n'accepte pas, sa meilleure amie va se retrouver transformée en buffet à volonté pour un vampire particulièrement vicieux. Et bien qu'elle demande son aide, Nikolaos ne dédaigne pas martyriser un peu la fameuse « Exécutrice ».

De là commence l'enquête d'Anita, qui n'enquête pas vraiment mais se retrouve plutôt baladée d'évènement en évènement, que ce soit des pseudos-partouzes d'humain drogués aux morsures vampiriques, des soirées « Réveillons-les morts pour les torturer un petit peu » ou encore des rencontres avec des « amis » humains particulièrement tordus.

 

Tout ca pour une fin en pseudo-apothéose exceptionnellement bidon.

 

Mais... ca a vraiment du succès ca ?

 

Bon vous l'aurez compris, ce roman m'a littéralement bouleversée... oui, bouleversée de platitude, de lieux communs, de vulgarité non nécessaires et de pseudo-bogossitude habillée avec des filets de pêche (mais c'est quoi cette mode!) . En même temps je m'y attendais (mais pas à ce point là!). Pourquoi donc ai-je lu cela me dites vous alors ?? Parce que je suis masochiste Parce que je n'aime pas parler d'un sujet que je ne connais pas. Et la bit-lit, on en cause beaucoup en ce moment, mais je n'avais jamais essayé. C'est maintenant chose faite, je peux donc causer. Et désespérer.

 

Bon allez je vais tenter d'être constructive (Contrairement à l'auteur..) Déjà, ca commence mal, l'histoire en elle-même n'a pas vraiment d'accroche, les premières pages sont un cauchemar à lire tant on a du mal a se mettre dedans, c'est lent, les vampires soi-disant beaux à damner un saint sont surtout fades et sans aucune profondeur.

 

L'auteur voulait sans doute donner à ses personnages la classe d'un Lestat ou d'un Louis de Pointe du Lac. Mais il ne suffit pas de porter de la dentelle et un prénom français pour ca. Et les personnages de Laurell Hamilton ne ressemblent qu'a de vulgaires photocopies. N'est pas Anne Rice qui veut...

 

Je ne parlerais pas de la pseudo tentative de viol de l'héroïne par un rat-garou (Oui vous avez bien lu... un rat-garou). Je ne sais pas qui est sensé être excité par un truc pareil, mais là j'ai du rater quelque chose.

 

Bon allez, un petit mot gentil, je dirais qu'on a un petit regain d'intérêt pendant 10 minutes quand on découvre l'auteur des assassinats, semblant d'originalité qui fait du bien au milieu de tant de platitude.

 

par ailleurs, ce qui n'arrange rien, l'objet en lui-même est une torture : vous avez vu le titre? Et la couverture? Essayez de lire ca dans le métro sans passer pour une perverse...

 

Au final, il s'avère que ce livre n'est qu'un pseudo Harlequin soi-disant « hard », avec des vampires palots, une héroïne assez quelconque, une trame de fond aussi épaisse qu'une ficelle de string et une fin à  vous rendre dépressif et suicidaire (sauf qu'on est heureux de le finir cet ouvrage, terriblement heureux et soulagé)

 

Comme vous l'aurez compris, ce livre fut un grand traumatisme pour mon pauvre cerveau, qui s'est vu forcé de lire jusqu'au dernier mot. Pour ma part je ne conseillerais cet ouvrage a personne, pas même à mon pire ennemi, c'est trop affligeant.

 

(Au passage rien à voir, mais j'écris cet article en écoutant Mélody Bardot. A découvrir si vous ne connaissez pas, c'est que du bon.)

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 09:24

http://www.decitre.fr/gi/18/9782264036018FS.gif« Divorcée d'un mari trompettiste porté sur la bouteille, Precious Ramotswe est bien décidée à ne plus céder aux mirages de l'amour ! J.L.B.
Matekoni, gentleman garagiste, lui fait pourtant les yeux doux mais l'inénarrable " Mma " a un projet en tête... Un beau jour, elle se jette à l'eau et ouvre à Gaborone, capitale du Botswana, son pays bien-aimé, la première agence de détectives strictement au féminin. En compagnie de son assistante, Mma Makutsi, elle déclare la guerre aux maris en fuite et aux escrocs sans vergogne. Ne reculant devant aucun danger, elle s'attaquera même à la sorcellerie, le grand tabou de l'Afrique.
Mma Ramotswe mène ses enquêtes tambour battant, sous les yeux de son soupirant favori... et pour notre plus grand plaisir. » (4ème de couverture)

 

From Africa with love

 

Quand on lit un roman qui se passe en Afrique (ou ailleurs), il est toujours bon de savoir si l’auteur nous raconte le pays qu’il a connu, ou bien le pays qu’il a fantasmé sans jamais y mettre les pieds. Dans notre cas, ça tombe bien, l’auteur n’a pas fait qu’y vivre, il y est né, bien que sa carnation ne fasse pas très couleur locale.

 

 Alexander « Sandy » Mc Call Smith est en effet né en 1948 dans ce qui était alors la Rhodésie (Aujourd’hui le Zimbabwe), mais il reste néanmoins d’origine écossaise (Et donc tout blanc pâle).  Il est élevé à Bulawayo mais quitte le soleil africain pour aller étudier le droit en Ecosse, à l’Université d’Édimbourg. Université ou il deviendra professeur.

 

Expert très connu de droit appliqué à la médecine et à la bioéthique, il fait partie d’à peu près tous les comités britanniques et internationaux à ce sujet, notamment celui de l’UNESCO.

 

Mr  Mc Call Smith ayant décidément plusieurs cordes à son arc, il est également bassoniste amateur, et co-fondateur du  « Really Terrible Orchestra » (Ah l’humour british).

 

Il reste néanmoins  surtout connu pour ses nombreux livres de fictions, et surtout ses différentes séries :

-          Les enquêtes de Mma Ramotswe, mettant en scène la 1ère femme détective du Botswana. (10 ouvrages au rythme d’un tous les 2 ans, le dernier publié l’an dernier sous le titre de « Vérité et feuilles de thé »)

-        Isabel Dalhousie , qui nous fait suivre les aventures de la dite Isabel, rédactrice en chef d’une revue de philosophie et enquêtrice amateure (6 romans entre 2004 et 2009)

-          Les « Chroniques d’Edimbourg », mettant en scène par chapitres courts les habitants d’un même immeuble, le 44 Scotland Street, regroupant des personnages très divers allant de l'anthropologue âgée au petit garçon surdoué. (6 romans entre 2005 et 2010).

 

Et cet auteur prolixe ne s’arrête pas là puisqu’il a également écrit de nombreux contes, romans pour enfants et, bien sur, articles pour revues scientifiques.

 

Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens. (Proverbe africain)

 

Si vous pensiez vous trouver face à une aventure à la Sherlock Holmes, avec un super mystère, mais en mode africain (Comme moi quoi).. et bien vous vous fourre le doigt dans l’œil !

 

Dans ce premier volume de la saga, nous suivons donc les débuts de Mma Ramotswe et de son « Agence N°1 des Dames détectives ». Et point de grands mystères, quand on commence comme détective, on commence avec les affaires classiques : adultère, disparition et autre récupération de chien enfui… tout cela à la sauce africaine ! Outre les « petits mystères » que Mma résout toujours avec sa logique implacable et pleine de bon sens, on en apprend également beaucoup sur elle, sa famille, son parcours et ce qui l’a amenée à devenir, femme célibattante, la 1ère détéctiv-euh du Botswana.

 

Ces petites digressions, au même titre que les « enquêtes » en elle-même, nous permettent également d’en apprendre plus sur le mode de vie africain, les us et coutumes, le « train-train » quotidien qui est bien différent du notre (Surprenant non ?). mais aussi sur la condition des femmes africaines et sur les vieilles traditions qui ont encore la vie dure (comme la sorcellerie, et le meurtre d'enfants notamment pour approvisionner ce marché).

 

Ah au passage, pour ceux qui se demandent où est le Botswana, c’est là :

 

http://www.fil-info-france.com/aaaabotswana.GIF

 

Tout a une fin, sauf la banane qui en a deux (Proverbe bambara)

 

Et sauf les aventures de Mma Ramotswe, qui ne s’arrêtent pas là, pour notre plus grand plaisir, mais vont continuer pendant encore un certain nombre de volume, avec la même verve j’espère.

 

Et oui, car bien que surprise par la tournure du roman, qui n’était pas ce à quoi je m’attendais, j’ai adoré.

 

Dans une style fluide, on suit Mma qui, dans une ambiance bon enfant, vit sa petite vie de « Mma » détective. Pas prise de tête pour deux sous, ce roman nous donne envie de rester des heures avec Mma Ramotswe, assis dans sa vieille camionnette à sillonner les routes du Botswana en l’écoutant parler de sa voix chantante, ou bien à trainer avec elle sur les marchés en papotant alentours..

 

On sourit devant les petits aléas de la vie quotidienne, qui ne sont pas tout a fait les même que les nôtres (Que faire quand un serpent venimeux se planque dans votre moteur hein ?!)

 

Mais ce qui fait toute la différence, et qui se ressent vraiment, c’est que l’auteur aime l’Afrique, et aime la partager avec son lecteur. L’histoire de Mma nous permet aussi de voir l’influence des blancs telle que perçue  par les habitants, ce qu’il y a eu de mauvais, mais aussi ce qu’il y a pu avoir de bon (Education, émancipation des femmes …). Le fait que l’histoire se passe au Botswana facilite aussi le sujet, ce pays ayant eu une histoire coloniale, et une histoire tout court moins sanglante que certains de ses voisins.

 

En bref, un vrai moment de plaisir, dépaysant à souhait, écrit par un homme qui aime l’Afrique et les africains, et arrive à nous plonger dans leur quotidiens, et à partager leur petites (et grandes) misères. J’ai hâte de lire la suite.

 

PS: Pour ceux que ça tente, une série à vu le jour en 2009 (HBO & BBC) avec Jill Scott dans le rôle titre. Ca doit valoir le coup d'oeil...

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 14:32

http://www.decitre.fr/gi/28/9782350871028FS.gif « La chance ne sourit pas à Fatima. Dans son île de Djerba, elle est la femme la plus mal lotie : son mari l’a répudiée par correspondance et laissée sans enfant. Alors, quand l’occasion se présente de partir travailler à Paris, au service de la très chic comtesse Merveil du Roc, rien ne la retient. Du souk de Hount à l’avenue Victor-Hugo, il y  a un monde… et quel monde ! Au 34 bis, Fatima croise aussi bien les petites gens (de maison) que ceux de la haute, les habitués du café Jean Valjean et les « familles Figaro »… Doux dingues et vrais mabouls, coup de cœur et coups du sort, ce nouveau décor devient le quotidien de Fatima. Qui aurait cru que l’escalier de service la mènerait au septième ciel ? » (4ème de couverture)

 

Deux Américains à Paris

 

Ce roman a été écrit à 4 mains par Joanne et Gerry Dryansky, auteurs et scénaristes états-uniens vivant à Paris depuis plus de 20 ans. Ils sont de fait parfaitement bilingues, et surtout très au fait des us et coutumes propres à la capitale parisienne et à ses différents quartiers.

 

Ils ont donc écrit, outre « L’extraordinaire histoire de Fatima Monsour » et sa suite, « La deuxième vie de Fatima Monsour », les romans « Satan Lake » , ou encore « Chant d’adieu »

 

On ne sait néanmoins pas grand-chose de plus sur eux…et tant mieux pour eux ! Car ne dit on pas « Pour vivre heureux vivons cachés » ?

 

Fatima, ou la Cendrillon moderne

 

Ce roman commence sur un drame. En effet, dès les premières pages, on assiste à la mort tragique de Rachida Monsour. Drôle de début pour un roman qualifié de « gai et optimiste » sur le joli bandeau rouge de l’éditeur.

 

Mais à toute chose malheur est bon (Oui c’est ma journée « Citations de grand-mère »). Car Rachida était la femme de chambre de Mme la Comtesse Merveil du Roc, qui toute malheureuse d’avoir perdu sa femme de chambre, veut faire une bonne action et propose à la sœur de cette dernière Fatima, femme de chambre en hôtel vacances à Djerba, de venir à Paris la remplacer.

 

Et voila comment Fatima, la quarantaine, répudiée par son mari, pas spécialement belle, ne sachant ni lire ni écrire, va débarquer à Paris pour servir les caprices d’une femme de la vieille noblesse française. Et au passage découvrir Paris. Paris, sa tour Eiffel, ses quartiers chics, ses bistrots et leur faune particulière, ses quartiers populaires aussi.

 

Et comment, simplement en étant elle-même, en étant compréhensive et à l’écoute, elle va changer la vie de ceux qui l’entourent.. Ainsi que la sienne.

 

Guimauve, bon sentiments et chérubins à tous les étages !

 

Vous l’aurez compris, l’histoire est mignonnette et ca sent bon le conte de fées moderne. Un récit est simple et linéaire, pas de grands retournements de situations, le lecteur s’attend a peu près à tout ce qui arrive. (En même temps on a tous (ou toutes) lu Cendrillon 36 fois.)

 

La galerie de personnages, bien que variée et sympathiques, et un recueil des personnages types, aux traits forcés et parfois caricaturaux : la petite Arabe rondouillette en djellaba orange, le pilier de bar en gilet et casquette, l’écrivain maudit (et gay) vivant sous les toits, la grande femme noire volumineuse au rire tonitruant.. Je vais arrêter là je pense que vous avez compris l'idée.

 

Mais attention ! Bien que ce roman fasse parfois penser à une petite bluette qui ne sollicite pas trop notre cerveau, certaines questions de société sont sous-entendues.. telles que la condition de la femme arabe ou des étrangers en France. Au lecteur de s’interroger, et de savoir s’il souhaite y voir une certaine critique de la part des auteurs ou pas.

 

A plus d’une reprise un petit quelque chose nous titille le cerveau, une sensation, non pas de déjà-vu, mais de déjà-ressenti. En effet, cet ouvrage m’a souvent fait penser à « L’élégance du hérisson » dans cette vue un peu rose bonbon de la vie. Dans ces deux ouvrages on ressent la même chose, l’envie de se dire que oui, le monde est beau, les gens sont gentils, chaque personne recèle des trésors pour peu que l’on s’intéresse un peu à elle….  « What a wonderful world », en quelque sorte.

 

Vous l’aurez peut être compris… ce livre est un peu trop « rose bonbon », et on frôle parfois l’overdose. Mais bon. Nous sommes tous pareils, et quelque part au fond de nous on a envie de croire à ce charme désuet, à l’amour et à la solidarité.. aux belles surprises de la vie quoi ! (Sinon Disney aurait fait faillite depuis longtemps, et personne ne regarderait "Les maçons du coeur")

 

Ce roman est également, à mon avis, une petite leçon que donnent deux étrangers aux français sur les beautés et richesses de leur capitale et de leur pays.. Beauté qu’ils ont sous le nez et qu’ils ne sont pas fichus de voir.

 

En bref, un petit roman sans grande prétention mais qui réussit à faire sourire le lecteur. Une douceur remplie de sucre et de bons sentiments. A garder, comme les cookies, pour les jours de morosité grisâtre.

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 21:48

 

http://www.decitre.fr/gi/55/9782702141755FS.gif« « J’aimerais que celle ou celui qui lira ce petit livre mesure ce qu’il a de déchirant. Il est mon au revoir à ceux que je laisse sur le quai. (…) Il est mon au revoir à mon enfance de petite fille noire en collants verts, qui dévale en criant les jardins de Ménilmontant. » Quand Marie Desplechin rencontre Aya Cissoko, elle est touchée par la singularité de son histoire. Née de parents maliens, Aya a connu une petite enfance habitée de souvenirs délicieux, qui prend fin avec la disparition de son père et de sa petite sœur dans un incendie. Élevée par sa mère dans le respect du danbé, la dignité en malinké, Aya apprend à surmonter les épreuves et trouve dans la boxe un refuge. » (4ème de couverture)


Le Yin et le Yang


Aya Cissoko est essentiellement connue du grand public pour ses qualités de sportive de haut niveau, plusieurs fois championne du monde de boxe française, et , ce qui est plus rare, elle a également réussi a se recycler et a exceller au plus haut niveau dans la boxe anglaise. Après un évenement particulier, qui nous est décrit dans l'ouvrage, elle met un terme défniitif à sa pratique de la boxe et réussi a devenir étudiante au sein de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris.

 

Marie Desplechin est un auteur connu et reconnu, à l'origine de nombreux livres pour enfants mais aussi pour adultes. Elle a notamment remporté le prix Médicis en 2005 en collaboration avec Lydie Violet pour l'ouvrage « La Vie Sauve ».

 

Tranche de vie

 

Comment vous résumer cet ouvrage sans vous gâcher le plaisir de le lire ?! En disant simplement que lire « Danbé »:

 

- C'est découvrir l'histoire d'une petite fille parisienne et des épreuves que la vie lui a infligée, que les autres lui ont infligées, ainsi que celles qu'elle s'est elle-même infligée.

 

- C'est voir au fil des pages cette petite fille devenir adolescente, puis femme, tout en suivant son chemin, avec la même détermination, la même intégrité

 

- C'est voir le destin, qui a pu se montrer si cruel avec elle, lui fournir tout de même quelques coups de pouce bien placés qu'Aya saura apprécier à leur juste valeur.

 

- C'est se prendre au jeu de la lecture, de se savoir la finalité et pourtant d'espérer.

 

- C'est imaginer, espérer, pleurer, jubiler.... et respecter surtout.

 

C'est l'histoire d'un vie, tout simplement. Une vie déjà bien remplie a à peine 30 ans.

 

Sonate à quatre mains

 

Alors que le résumé pourrait laisser penser au roman bateau de la pauvre enfant de banlieue qui s'en sort grâce à la boxe (Hollywood adôôôôôre ca ...Million Dollar Baby ca vous dit quelque chose? ^^). On arrive peut être un peu goguenard aussi, on demande à voir.

 

Et dès le début on voit bien en effet. On est saisi. Par l'écriture d'abord, franche, nette, précise. Comme autant de coups de poings bien placés. Les choses sont dites clairement, simplement, sans fioritures, sans misérabilisme. Grammaire simple, paragraphes courts, l'écriture colle au personnage qu'elle décrit, et dès le début la symbiose est parfaite.

 

Tellement qu'on se retrouve vite embarqué dans la lecture. On ne peut pas s'empecher de tourner les pages, il faut qu'on sache. Qu'on imagine. Qu'on la voit grandir . On sait a peu près ce qu'elle est devenue, mais comment? Pourquoi? Il est dit que les gens qui accomplissent des exploits ont toujours une mentalité particulière,et une histoire qui l'explique. Quelle est donc l'histoire d'Aya Cissoko?? Qu'est ce qui l'a amenée à ce niveau là ?!

 

Fait surprenant, à aucun moment on ne se sent voyeur ou intrus. Le lecteur est mis devant les faits comme un spectateur qui voit défiler devant lui un film, retraçant une histoire. Il regarde ce qu'on lui offre avec pudeur et apprécie les choses telles qu'elles sont.

 

Et puis on prend conscience que malgré le « je », malgré le fait que ce soit des souvenirs d'Aya, la vie d'Aya, il y a une autre personne, il y a Marie. Qui apporte sa touche, discrète mais efficace. Qui arrive à sublimer son personnage. Car Aya est un peu son personnage. Personnage imposé certes, mais tout de même. Et en même temps, quel personnage ! Bien des auteurs en souhaiterait un pareil je suppose.

 

Que dire...que dire à part qu'on se laisse entrainer dans ce monde, tel un petit insecte on observe, on suit, .. et on referme le livre en étant heureux. Heureux pour Aya, heureux de voir qu'il existe encore de vraies « belles histoires », heureux de voir qu'un homme (en l'occurrence une femme) peut encore choisir (a peu près) son destin de nos jours. Heureux de voir cette vie qui aurait pu, comme tant d'autres dans les même conditions, basculer , au contraire est sublimée.

 

Vous l'aurez compris, je suis tombée sous le charme simple de cet ouvrage, de cette vie puissante et digne, que je vous recommande chaudement.

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 15:54

http://lewebpedagogique.com/lexis/files/2008/03/le-vieux-qui-lisait-des-romans-damour.jpg« Antonio José Bolivar connaît les profondeurs de la forêt amazonienne et ses habitants, le noble peuple des Shuars. Lorsque les villageois d’El Idilo les accusent à tort du meurtre d’un chasseur blanc, le vieil homme quitte ses romans d’amour –seule échappatoire à la barbarie des hommes- pour chasser le vrai coupable, une panthère majestueuse… » (4ème de couverture)

 

« Changes de ciel, tu changeras d’étoiles » (Proverbe chilien)

 

Luis Sepùlveda est né au Chili, en 1949. Il écrira son premier roman à 43 ans (Ce roman en l'occurrence), qui rencontrera de suite un immense succès aussi bien populaire que critique et, de fait, une renommée internationale. Mais vous allez voir qu’il ne s’est pas tourné les pouces ses 42 premières années.

 

En effet, dès 22 ans  il milite pour les Jeunesses communistes, ce qui n’est pas forcément une très bonne idée sous Pinochet. Ca ne rate pas, il va se faire arrêter et emprisonner aussi sec. Grâce à l’intervention d’Amnesty International, il sera libéré au bout de deux ans en 1975, et sa peine de 28 ans d’emprisonnement sera commuée en 8 années d’exil en Suède. Exil qu’il effectuera, mais pas dans le grand Nord. Il va sillonner l’Amérique du Sud, fonder une troupe de théâtre en Equateur, partager la vie des indiens Shuars, ou encore s’engager dans la lutte armée au côté des « Sandinistres » au Nicaragua. Une promenade de santé quoi.

 

A partir de 1982, il change de continent et s’installe en Europe. Tout d’abord en Allemagne, où il travaille comme journaliste… mais aussi pour Greenpeace. Dans les années 90, il s’installe finalerment en Espagne, où il est depuis.

 

Vous l’aurez compris, Luis n’est pas très casanier et aime bien s’engager pour ce en quoi il croit. Son œuvre est donc logiquement marquée par ses nombreux engagements politiques et écologiques.

 

A ce jour, il a écrit une quinzaine de romans, mais il est aussi monteur, scénariste, réalisateur, producteur et… acteur.  (On dirait presque une femme tellement il est multitâches… ^^)

 

Dans la jungle, terrible jungle….

 

El Idilo, petit village perdu dans la vaste foret amazonienne. Ici vivent quelques dizaines de personnes (survivent serait le terme plus apporprié), dirigés par un maire bouffi de graisse et d’orgueil, et coincés entre chercheurs d’or, indiens alcooliques et Occidentaux en quête d’aventure. Seul Antonio est un peu a part. Le « vieux », comme on l’appelle, à une histoire qui lui est propre.

 

Né dans les hautes montagnes, il a comme beaucoup répondu à l’appel du gouvernement pour coloniser cette terre, sous promesse d’une fortune potentielle. Mais rien ne peut pousser ici, et la fortune tant désirée n’est jamais arrivée. Pire, ce climat pourri lui a faire perdre sa femme, seul amour de sa vie. Le vieux n’est pourtant jamais reparti, préférant s’adapter à cette vie et cette foret qui l’hypnotise. A tel point qu’il ira vivre dans la jungle avec les indiens Shura. Il sera comme eux. Mais pas un des leurs.

 

Malheureusement, suite à un tragique accident (encore la faute des gringos), il devra quitter cette vie idyllique, et retourner vivre dans ce misérable village, avec pour seul plaisir la lecture des romans d’amour, celles qui sont « tristes et pleines de sentiments » et que lui fournit sporadiquement le dentiste local.

 

Sa petite routine va néanmoins être interrompue par une chasse à la panthère, animal que des gringos pédants et trop surs d’eux ont plongé dans une folie meurtrière. Sa connaissance de la jungle est alors réquisitionnée, et le voilà parti en quête du grand carnivore.

 

Immersion en terre inconnue

 

Curieux ouvrage que celui-ci. Tout petit (à peine 100 pages), et pourtant bardé des prix divers et variés, ayant réussi l’exploit de mettre d’accord le public ET les critiques en un temps record…mais qu’a-t-il donc de si particulier ?

 

Je ne dirais pourtant pas qu’il m’a envouté ou emballée. J’ai bien aimé, sans plus. Mais je conçois que d’autre aient pu adorer, car il est vrai qu’il regroupe une foule de sentiments, d’idées, de sensations en très peu de pages,  tout en restant toujours très fluide. (Un vrai trésor pour les professeurs de français en mal de support pour analyse de texte ^^)

 

Une des grandes forces de ce texte est de toujours rester très concis dans les descriptions, et de pourtant réussir à nous faire imaginer un décor et des personnages très riches. En quelques lignes, nous voilà plongés dans l’atmosphère glauque et humide (très humide) de ce petit village perdu au fin fond de l’Amazonie, coincé entre le fleuve et la jungle, à suivre les aventures trépidantes d’un petit vieux fan de Barbara Cartland.

 

Et cette jungle, ce n’est pas vraiment le jardin d’Eden. Il pleut tout le temps, il fait chaud, il y a des moustiques partout, des animaux prêts à vous bouffer (des panthères jusqu’aux fourmis), des chauves-souris qui vous défèquent dessus, des singes qui vous dépouillent…. Un cauchemar pour les gringos blancs qui débarquent en se croyant tout puissants (comme toujours, et comme partout), et qui repartent vite la queue entre les jambes. Mais ce que nous montre l’auteur, c’est que bien que la Nature soit une force redoutable que l’on se doit de respecter, l’Homme peut malgré tout vivre en harmonie avec elle, en acceptant d’être humble. Il suffit de voir les indiens Shura.

 

Ce livre est simple, et beau en même temps, dans cette affirmation de la beauté et de la supériorité de la nature, ainsi que dans sa présentation du choc des cultures dans ce qu’il a de pire (les blancs arrogants et tout enflés de prétention), et ce qu’il a de meilleur ( Antonio découvre des lieux et des sentiments qu’il ignorait grâce à ses lectures).

 

Petit coup de cœur spécial pour une phrase, que je ne résiste pas au plaisir de vous citer : « Il possédait l’antidote contre le redoutable venin de la vieillesse. Il savait lire »

 

« Le vieux qui lisait des romans d’amour » n’a donc pas démérité ses prix, ni son succès !

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 11:48

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/6/6/7/9782258084766.jpg« En 1807, dans les Pyrénées ariégeoises, deux chasseurs aperçoivent et traquent une femme nue, accompagnée d’un ourson. Capturée, hurlant comme une démente – on l’appellera désormais la Folle du Montcalm -, elle est conduite chez le curé du village. L’inconnue ne prononce que ces mots : « Robespierre a tué ma famille », et s’échappe dans la nuit. Elle passera encore deux années dans la montagne, avant d’être reprise et jetée en prison, à Foix. Pour y mourir peu après. Qui était cette femme ? Comment a-t-elle pu survivre ? Est-elle vraiment morte en prison, comme on l’a dit ? Pourquoi le redoutable Fouché, ministre de la Police de Napoléon, s’intéressa-t-il tant à elle ? Et pour quelles curieuses raisons le préfet de l’Ariège tenta-t-il de la sauver ? » (4ème de couverture)

 

« Le raisin, le vin et l’humeur des Gascons sont d’excellents antidotes contre la mélancolie »

 

(Pour votre culture personnelle, sachez que cette citation est de Charles de Secondat, baron de Montesquieu J. Qui était visiblement un homme plein de sagesse )

 

Michel Gardère est avant tout un journaliste, qui a touché à un peu tous les medias, que ce soit télé, radio ou presse écrite (notamment à « L’Evénement du Jeudi »). Il se consacre désormais à l’écriture depuis sa Gascogne natale, avec une prédilection pour les sujets « locaux ».

 

Auteur de plusieurs ouvrages documentaires sur, dans le désordre, le rugby, la gastronomie, la Gascogne ou encore la Corrida, il est également l’auteur de deux romans « policiers régionaux » , « Ravigote, arsenic et vieilles soutanes » (2009) et « Crimes, amours, garbure et Cie », à venir ce printemps. (Avec des noms pareils, ca ne peut qu'asticoter ma curiosité)

 

A la recherche de la femme nue

 

Ce livre est… surprenant au premier abord. Moi qui m’attendais à une version romancée de l’histoire de la « Folle de Montcalm », je suis un peu tombée de haut. Car l’histoire en question, l’histoire « officielle » en tout cas, qui débute l’ouvrage, est très sobre, et tient sur quelques pages à peine.

 

Ensuite c’est l’auteur qui prend la parole (si je puis dire), et qui va nous emmener avec lui dans son cheminement intellectuel et ses recherches afin d'en savoir plus sur cette femme et ses origines.

 

Mais là encore le lecteur est  pris à contre-pied. En effet, la logique voudrait que l’on suive une enquête de façon « chronologique » (Enfin, la mienne de logique en tout cas), et que l’on suive les conclusions de l’auteur au fur et à mesure. Et bien non ! Rien que pour me vexer (j’en suis sure), l’auteur nous donne dès le début l’explication la plus probable. Comme ca, de but en blanc! Suivront les explications sur le pourquoi du comment (le célèbre CQFD), mais j’avoue que cela m’a un peu chagrinée, car j’avais l’impression de perdre le suspense. Et à quoi bon lire le livre si tout est dit dans les 30 premières pages, hein ?

 

Mais je suis une coriace, et l’auteur m’aide un peu puisqu’il réussit tout de même à semer de ci de là des questions qui donne envie de continuer malgré tout. Même s’il faut bien l’avouer, l’enquête perd un peu de sa saveur.

 

Mais Michel Gardère est un petit malin (ou un grand, je ne sais pas). Et au moment où l’on commence à se perdre un peu dans les différentes pistes explorées (et les nombreux à-propos, bien qu’ils soient tous très savoureux et intéressants), l’auteur lui-même nous propose une petite pause « Résumé  des épisodes précédents » qui tombe à pic.

 

A partir de là l’ouvrage prend une direction légèrement différente. On réalise en effet que cette enquête n’est plus simplement de la curiosité, mais un véritable engagement « sentimental » pour les auteurs ("les", car Michel Gardère était assisté d'Anne-Charlotte Delangle pour cette enquête). De là le rythme s’accélère, on reprend les investigations en même temps qu’eux, on ne lit pas simplement un résumé de ce qui a été fait, on le suit réellement, on est avec eux dans les petits villages de France et d’Espagne, pendus aux lèvres des personnes qu’ils rencontrent, absorbés par les documents poussiéreux des Archives. D’autant plus que, contrairement à ce que l’on nous laisse croire au début… il y a encore bien des choses à découvrir sur cette blonde inconnue.

 

Jusqu’à un final où, comme un rappel à l’épilogue sec et sobre comptant l’histoire de la « folle » telle qu’elle à été découverte, l’auteur nous offre sa version romancée, d’après ses recherches, de la vie probable de la femme « avant ».

 

Le sujet et la quête sont déjà passionnants en eux-mêmes. Mais ajoutez-y la « patte » de Mr Gardère, qui nous abreuve de bons mots et des traits d’humour, tout en enrichissant grandement notre culture générale, et je suis conquise.

 

Il faut bien admettre que, ayant vécu dans la région Toulousaine pendant plusieurs années, je suis peut être plus sensible à l’histoire de cette région que d’autres. Ou alors c’est mon côté amatrice de bonne chère et de bons mots… Enfin bref, disons simplement que j’étais déjà dans une bonne disposition pour apprécier cet ouvrage, plus que d’autres certainement.

 

Mais je pense surtout que c’est l'impression d’être attablée à une terrasse,  avec une personne d’une grande culture qui me conte l’épopée d’une des « stars » locales, la fameuse folle, tout en enrichissant son récit d’informations historiques ou de détails de culture générale tout a fait passionnants qui m’a charmé. (Vous apprendrez par exemple l’origine des expressions « dents du bonheur » et « casser sa pipe »). Peut-être une réminiscence de mon enfance, où mon grand-père me racontait de telles légendes, chargées d’histoires et d’Histoire.

 

"La femme sauvage" est donc un ouvrage un peu romanesque, un peu documentaire, un peu policier, un peu « Fourchette et Sac à dos »… un peut tout quoi. Comme un délicieux ragoût fait dans une de ces fameuses « toupines » propres au Sud-ouest. Et un essai transformé pour ma part, qui ressort de cet ouvrage avec l’impression d’avoir papoté (écouté) avec un ami, plutôt que d'avoir lu l’ouvrage d’un (illustre) inconnu.

 

Une fois n'est pas coutume, je remercie donc très chaleuresement les éditions Presses de la Cité et le site Livr@ddict pour cette belle découverte !

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 22:11

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782264052582.jpg« Dans le Northumberland, depuis des générations, les dames Grope font régner la terreur autour d’elles. Signes distinctifs : un physique ingrat, une nature antipathique et des pulsions castratrices inversement proportionnelles à leur volonté de se reproduire. Qu’à cela ne tienne ! Chez les Grope, on kidnappe les hommes de mère en fille. Une coutume familiale dont le jeune Esmond Burnes va faire les frais…Forcé de se réfugier chez son oncle suite à une agression alcoolisé de son père, l’innocent garçon va tomber entre les griffes de sa tante Belinda, née Grope, épouse frustrée et ménagère forcenée.. Disparitions suspectes, soûleries aggravées et torrides accès de folie… Même la police va perdre le fil. » (4ème de couverture)

 

So British…

 

Tom Sharpe est, de mon avis, mais aussi celui de pas mal de monde, un des plus grands humoristes anglais. Et ses romans sont quasiment à chaque fois un vrai plaisir. Aujourd’hui âgé de 83 ans, il continue à écrire, et nous offre aujourd’hui sa dernière création.

 

Fils d’un pasteur rigide sympathisant d’extrême droite, il aurait pu finir beaucoup plus mal. Heureusement pour nous (et pour nos zygomatiques), il ne suit pas la voie de son père. Au contraire, le jeune Tom adore lire, et rêve de devenir poète. Après un passage à l’université de Cambridge, il fait son service militaire dans les fusiliers marins où il côtoie des jeunes issus de milieux plus défavorisés que le sien, ce qui, selon lui, le « purge » de tout snobisme.

 

En 1951, à 23 ans, il décide de s’installer en Afrique du Sud, et travaille dans le quartier de Soweto, où son premier travail consiste à sortir de l’hôpital les malades en phase terminale pour qu’ils rentrent mourir chez eux. C’est dans cette atmosphère, écœuré par ce qu’il voit et ce qu’il entend, qu’il commence à écrire des pièces de théâtre contre l’apartheid, qui seront bien sur toutes censurées. Cette prise de position lui vaudra d’ailleurs d’être expulsé en 1961.

 

Cette expérience lui inspirera deux romans qui rencontreront un grand succès, « Mêlée ouverte au Zoulouland » et «Outrage public à la pudeur ». De retour en Angleterre, il devient professeur d’histoire dans un institut technique pendant une dizaine d’années. Encore une fois c’est son environnement qui va lui inspirer des romans, la célèbre série des « Wilt », dont le héros est tout d’abord maitre auxiliaire dans l’enseignement technique.

 

En 1986, il reçut le Grand Prix de l’Humour Noir pour récompenser l’ensemble de son œuvre. Il coule désormais des jours heureux (enfin j’espère) en Catalogne, où il continue d’écrire pour notre plus grand plaisir.

 

Pas besoin de Meetic, rien ne vaut les bonnes vieilles méthodes.


Les Gropes sont une famille un peu.. particulière, dont l'histoire remonte aux invasions vikings dans l’Angleterre moyenâgeuse, quand la première Grope, que même les barbares se refusaient à violer, réussit à forcer un viking à accomplir son « devoir ». Depuis, dans cette famille, les femmes, plus moches et ingrates les unes que les autres, usent de tous les moyens pour obtenir un mari (soumis de préférence, mais bon il n'aura pas le choix) qui leur donnera une descendance féminine. Et quand je dis tous les moyens... Tout cela, lié à un sens des affaires tout aussi intraitable, a mené les femmes Grope à la tête d’un domaine et d'une fortune plus qu’honorables (à défaut d’être tout à fait.. honnêtes).


Du côté des Burnes, l'histoire est différente, mais tout aussi ahurissante. Howard Burnes, banquier respectable de son état, se retrouva embarqué dans un mariage plus ou moins volontaire avec Vera, hystérique ne vivant qu’à travers les romans de Barbara Cartland et consorts, et dégoulinant donc de sentiments mielleux et culculs. De cette union (presque contre nature je dirais) naitra Esmond, qui grandira tiraillé entre l'amour exclusif et effrayant de sa mère, et la haine grandissante qu'il inspire à son père malgré lui.


Un soir un peu trop alcoolisé, ce dernier menace de tuer son fils. Afin de le protéger, sa mère va accepter de le confier à son propre frère Arthur, et à la femme de ce dernier, Belinda, ménagère soumise et nullipare. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que Belinda est née Mlle Grope, et qu'elle compte bien perpétuer la tradition familiale... par tous les moyens.


Belinda décide donc, après qu’Arthur se soit saoulé à mort avec Esmond «pour lui apprendre la vie », de faire du fils chéri de Vera son amant (peu importe son avis) et de disparaitre avec lui.


De là commencent plusieurs épopées extravagantes pour nos différents protagonistes, entre campagne anglaise, tour d'Europe et enquêtes policières extravagantes.


Muahahahaha…. (Rire sardonique)

 

Quand on ouvre un roman de Tom Sharpe (et surtout avec un titre pareil), on s'attend à tout.. mais surtout à n’importe quoi, du grand guignolesque, de l'ubuesque!!! Et encore une fois, je n’ai pas été déçue de mes attentes Sharpiennes.


On attaque fort dès le début avec la présentation « historique »  de la famille Grope (Terme sibyllin qui veut notamment dire « tripoter » en anglais), et surtout des femmes Grope, véritables viragos prêtes à tous les extrêmes, et même aux actes illégaux pour séquestrer des maris et obtenir des filles: kidnapping, chantage, abandon ou exploitation des petits être qui auront eu la mauvaise idée de naître dans cette famille avec quelque chose entre les jambes, voir expedition ad patres des maris qui auraient la mauvaise idée de ne pas mettre de fille au monde.. Et encore, je ne vous dit pas tout.


Après cette petite parenthèse historique qui nous met directement dans l’ambiance, on découvre un autre horizon avec la familles Burnes : une mère qui vit à fond ses romans à l’eau de rose, un père physiquement pas gâté, coincé dans son monde exigu et écrasé par cette femme, et leur fils.. le pauvre Esmond (nommé ainsi d'après un roman à l'eau de rose). Ajouter à ce cocktail  un oncle escroc et alcoolique, et sa femme complètement frustrée qui se défoule sur l’électroménager haut de gamme...et la recette est parfaite.


Mais leurs vies « bien huilées » et engoncées dans la routine vont vite dérailler quand, suite à un abus des bienfaits de Dionysos, Howard Burnes décide de tuer son fils. Et à partir de là, c’est du grand délire : entre l’enlèvement et la séquestration d’Esmond par sa tante, la fuite a travers l’Europe d’Howard; et les pauvres Arthur et Véra se retrouvant face à la police dans l’impossibilité d’expliquer toutes ses disparitions, et embrouillant un peu plus la situation à chaque fois… c’est le lecteur qui manque d’en mourir (de rire).


 Fidèle à lui-même, Tom Sharpe place ses protagonistes dans des situations abracadabrantesques, sans se soucier de la vraisemblance. Car ce n’est pas ca qui compte.  En effet, l’auteur prend un malin plaisir à grossir tous les traits les plus risibles de l’être humain, et de la société moderne, et à pousser la sacro-sainte « logique » jusqu'à l’absurde, pour au final mieux mettre en exergue tout ce que cela a de ridicule à la base.

Les enquêteurs de police sont à eux seuls l'incarnation parfaite de notre société moderne où l’information circule vite, trop vite, et où à force  de se laisser gaver d’informations en tout genre, on en oublie de se poser et d’analyser simplement ce qui arrive jusqu'à notre cerveau.


 Vous direz peut-être que je suis cinglée, mais je vois presque cet ouvrage comme un conte de fée.. un peu malmené ! En effet, les « victimes » finissent par découvrir la vie qu’elles souhaitaient, par trouver ce qui leur manquait pour ne plus se sentir « vide ». Quand aux vilains escrocs et autres empêcheurs de tourner en rond, la situation finit par se retourner contre eux. La morale de ce conte serait : « Be what you wanna be » (Yes my tailor is rich !), ne pas se laisser enfermer dans les carcans du paraître et de la bienséance que nous impose la vie en société.


Bon après il n'est pas non plus nécessaire de se triturer l'esprit pour lire ce roman, ni d’avoir fait des études de philo. C’est tout simplement 200 pages de pur délire jubilatoire.

 

Les + :

- C’est drôle, c’est grinçant, c’est injuste, c'est tant mieux, c'est tant pis pour eux (Pour citer mon ami Victor)

- Une petite fable qui se lit sans difficulté


Les - :

- Quelques ficelles narratives un peu « grosses » (mais plus c'est gros plus ca passe ^^)

- Si vous n’aimez pas les histoires totalement abracadabrantes, passez votre chemin !!

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