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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 15:54

http://lewebpedagogique.com/lexis/files/2008/03/le-vieux-qui-lisait-des-romans-damour.jpg« Antonio José Bolivar connaît les profondeurs de la forêt amazonienne et ses habitants, le noble peuple des Shuars. Lorsque les villageois d’El Idilo les accusent à tort du meurtre d’un chasseur blanc, le vieil homme quitte ses romans d’amour –seule échappatoire à la barbarie des hommes- pour chasser le vrai coupable, une panthère majestueuse… » (4ème de couverture)

 

« Changes de ciel, tu changeras d’étoiles » (Proverbe chilien)

 

Luis Sepùlveda est né au Chili, en 1949. Il écrira son premier roman à 43 ans (Ce roman en l'occurrence), qui rencontrera de suite un immense succès aussi bien populaire que critique et, de fait, une renommée internationale. Mais vous allez voir qu’il ne s’est pas tourné les pouces ses 42 premières années.

 

En effet, dès 22 ans  il milite pour les Jeunesses communistes, ce qui n’est pas forcément une très bonne idée sous Pinochet. Ca ne rate pas, il va se faire arrêter et emprisonner aussi sec. Grâce à l’intervention d’Amnesty International, il sera libéré au bout de deux ans en 1975, et sa peine de 28 ans d’emprisonnement sera commuée en 8 années d’exil en Suède. Exil qu’il effectuera, mais pas dans le grand Nord. Il va sillonner l’Amérique du Sud, fonder une troupe de théâtre en Equateur, partager la vie des indiens Shuars, ou encore s’engager dans la lutte armée au côté des « Sandinistres » au Nicaragua. Une promenade de santé quoi.

 

A partir de 1982, il change de continent et s’installe en Europe. Tout d’abord en Allemagne, où il travaille comme journaliste… mais aussi pour Greenpeace. Dans les années 90, il s’installe finalerment en Espagne, où il est depuis.

 

Vous l’aurez compris, Luis n’est pas très casanier et aime bien s’engager pour ce en quoi il croit. Son œuvre est donc logiquement marquée par ses nombreux engagements politiques et écologiques.

 

A ce jour, il a écrit une quinzaine de romans, mais il est aussi monteur, scénariste, réalisateur, producteur et… acteur.  (On dirait presque une femme tellement il est multitâches… ^^)

 

Dans la jungle, terrible jungle….

 

El Idilo, petit village perdu dans la vaste foret amazonienne. Ici vivent quelques dizaines de personnes (survivent serait le terme plus apporprié), dirigés par un maire bouffi de graisse et d’orgueil, et coincés entre chercheurs d’or, indiens alcooliques et Occidentaux en quête d’aventure. Seul Antonio est un peu a part. Le « vieux », comme on l’appelle, à une histoire qui lui est propre.

 

Né dans les hautes montagnes, il a comme beaucoup répondu à l’appel du gouvernement pour coloniser cette terre, sous promesse d’une fortune potentielle. Mais rien ne peut pousser ici, et la fortune tant désirée n’est jamais arrivée. Pire, ce climat pourri lui a faire perdre sa femme, seul amour de sa vie. Le vieux n’est pourtant jamais reparti, préférant s’adapter à cette vie et cette foret qui l’hypnotise. A tel point qu’il ira vivre dans la jungle avec les indiens Shura. Il sera comme eux. Mais pas un des leurs.

 

Malheureusement, suite à un tragique accident (encore la faute des gringos), il devra quitter cette vie idyllique, et retourner vivre dans ce misérable village, avec pour seul plaisir la lecture des romans d’amour, celles qui sont « tristes et pleines de sentiments » et que lui fournit sporadiquement le dentiste local.

 

Sa petite routine va néanmoins être interrompue par une chasse à la panthère, animal que des gringos pédants et trop surs d’eux ont plongé dans une folie meurtrière. Sa connaissance de la jungle est alors réquisitionnée, et le voilà parti en quête du grand carnivore.

 

Immersion en terre inconnue

 

Curieux ouvrage que celui-ci. Tout petit (à peine 100 pages), et pourtant bardé des prix divers et variés, ayant réussi l’exploit de mettre d’accord le public ET les critiques en un temps record…mais qu’a-t-il donc de si particulier ?

 

Je ne dirais pourtant pas qu’il m’a envouté ou emballée. J’ai bien aimé, sans plus. Mais je conçois que d’autre aient pu adorer, car il est vrai qu’il regroupe une foule de sentiments, d’idées, de sensations en très peu de pages,  tout en restant toujours très fluide. (Un vrai trésor pour les professeurs de français en mal de support pour analyse de texte ^^)

 

Une des grandes forces de ce texte est de toujours rester très concis dans les descriptions, et de pourtant réussir à nous faire imaginer un décor et des personnages très riches. En quelques lignes, nous voilà plongés dans l’atmosphère glauque et humide (très humide) de ce petit village perdu au fin fond de l’Amazonie, coincé entre le fleuve et la jungle, à suivre les aventures trépidantes d’un petit vieux fan de Barbara Cartland.

 

Et cette jungle, ce n’est pas vraiment le jardin d’Eden. Il pleut tout le temps, il fait chaud, il y a des moustiques partout, des animaux prêts à vous bouffer (des panthères jusqu’aux fourmis), des chauves-souris qui vous défèquent dessus, des singes qui vous dépouillent…. Un cauchemar pour les gringos blancs qui débarquent en se croyant tout puissants (comme toujours, et comme partout), et qui repartent vite la queue entre les jambes. Mais ce que nous montre l’auteur, c’est que bien que la Nature soit une force redoutable que l’on se doit de respecter, l’Homme peut malgré tout vivre en harmonie avec elle, en acceptant d’être humble. Il suffit de voir les indiens Shura.

 

Ce livre est simple, et beau en même temps, dans cette affirmation de la beauté et de la supériorité de la nature, ainsi que dans sa présentation du choc des cultures dans ce qu’il a de pire (les blancs arrogants et tout enflés de prétention), et ce qu’il a de meilleur ( Antonio découvre des lieux et des sentiments qu’il ignorait grâce à ses lectures).

 

Petit coup de cœur spécial pour une phrase, que je ne résiste pas au plaisir de vous citer : « Il possédait l’antidote contre le redoutable venin de la vieillesse. Il savait lire »

 

« Le vieux qui lisait des romans d’amour » n’a donc pas démérité ses prix, ni son succès !

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Published by Guu - dans ... Lu
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commentaires

Sloopy 13/05/2011 16:37


J'ai aimé ce roman mais je lai trouvé beaucoup trop court


Guu 13/05/2011 19:48



Oui je suis d'accord on aimerait en savoir un peu plus sur ce vieux, son village etc.. Mais en même temps l'auteur nous laisse le soin d'imaginer la suite !



Laeti (histoires-de-livres) 04/03/2011 15:50


Je ne l'ai pas lu, mais j'irai voir si ma médiathèque possède ce petit livre car bien que tu n'aies pas été "transcendée" tu as l'air de l'avoir quand même bien apprécié.


Guu 04/03/2011 16:01



Effectivement, je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé car ce serait faux.. et bien que j'y pense dpeuis plusieurs jours, j'ai encore du mal a définir ce que j'ai ressenti, outre l'interet pour
l'histoire en elle-même. C'est très surprenant.



amaryllis 04/03/2011 07:55


Bonjour,
Je suis assez d'accord avec ton avis. Je ne peux pas dire que j'ai adoré mais il m'a marqué car je le trouve assez atypique. Etrange. Il me laisse assez perplexe. En fait je reprendrai ton
expression ce livre est "simple et beau en même temps."


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