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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 09:00

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L'usine a fait faillite, maître Ding est licencié. À seulement un mois de la retraite, c'est tout un monde qui s'effondre. Mais il retrouve soudain sa joie de vivre grâce à une idée géniale. Oui, mais cette idée... ne serait-elle pas un peu criminelle ? (Résumé Editions Points)

 

Ne pas parler.. mais écrire beaucoup


Avant toute chose, je tiens à vous présenter l’auteur de ce roman, qui est devenu en quelques années un des auteurs chinois incontournables, et dont l’histoire éclaire également la toile de fond de la plupart de ses romans.


Mo Yan est donc né en 1956 dans une famille de pauvres paysans (ou de paysans pauvres, au choix)  du Shandong, et a longtemps vécu au cœur de la campagne chinoise, ce qui en explique la présence récurrente au cœur de son œuvre. Il commence a écrire en 1981, et entre dès 1984 à l’ "Institut de l’art de l’armée de libération". Ses nombreux ouvrages ont fait de lui un auteur reconnu, aussi bien en Chine qu’en Occident. Après ses deux premiers grands romans, "Les treize pas" (1995) et "Le pays de l’alcool" (2000), la publication en 2004 de "Beaux seins, belles fesses" confirme son talent particulier pour l’écriture. Artiste prolixe, il publiera au total plus de 80 nouvelles et romans, mais également des reportages, critiques littéraires et essais.


Pour l’histoire, de son vrai nom Guan Moye, il a volontairement choisi le pseudonyme 'Mo Yan', qui signifie « Ne pas parler »…. Au vu de l’ampleur de son œuvre, cela peut porter à sourire 


Une idée géniale pour sortir de la crise?? 


Là je suis partagée entre vous dire quelle est cette fameuse « solution », et pouvoir donc épiloguer dessus, mais vous pourrir la surprise, qui est quand même un des points clés de l’ouvrage (puisqu’elle explique notamment en quoi le maître à de l’humour)… ou ne rien dire…


Mais bon comme je suis sympa, je ne dirais rien. Et je vais donc devoir faire très attention à ce que je raconte ensuite histoire de ne pas faire de bourde !


Nous voilà donc devant cette petite nouvelle, qui raconte en une centaine de pages une tranche de vie, celle de Maître Ding, ouvrier modèle qui a consacré sa vie entière à l’Usine et à la Société. Mais bien que couvert de distinctions plus honorables les unes que les autres, le voilà licencié comme un malpropre à seulement un mois de la retraite.


Effondré, incapable de retrouver un travail lui permettant de subvenir à ses besoin et à ceux de sa famille, il voit vaciller tout ce en quoi il avait toujours cru, ses convictions les plus intimes sur la Société. Et ouvre brutalement les yeux sur cette nouvelle Chine capitaliste, bien loin de ses idéaux de jeunesse.


Mais Maître Ding n’est pas stupide, et grâce à un vieux bus au bord du lac voisin, une idée saugrenue lui vient pour pouvoir s’en sortir. Aidé de son apprenti, il va donc reprendre du poil de la bête, et la mettre en application… (Et c’est là que je me tais)


Les joies du capitalisme

 

Tel une fable moderne, ce court roman de Mo Yan nous propose de découvrir les joies du capitalisme « à la chinoise ». Derrière l’histoire satirique de Maître Ding se trouve un flot de critiques à peine voilées sur la façon dont le capitalisme a peu a peu forcé son chemin au sein du bastion du communisme, et sur les inévitables victimes qu’il laisse derrière lui.


Ce roman est donc une mise en exergue de tous les antagonismes que présente la Chine d’aujourd’hui au sein de sa société… que ce soit au niveau des relations hommes-femmes, de la façon de percevoir les autres, la sexualité, le monde du travail… .La Chine à un pied dans le passé et un dans le futur, et ce roman montre à quel point cela s‘entremêle de façon plus ou moins heureuse.


En effet, Maître Ding est le représentant d’une conception ancienne et désuète de la société chinoise, où dominent la dignité, les convenances et le respect des usages et des règles. Le plus important  est de ne pas perdre la face, quoiqu’il arrive. Mais que valent la dignité et la politesse dans cette nouvelle société ou l’argent est le maître mot ? Les personnes gravitant autour de maître Ding ont rejeté ces anciennes valeurs, et peu importe les méthodes employées pour s'assurer un revenu.


Tout cela n’est cependant pas énoncé clairement, aucune réflexion n’est imposée par l’auteur. Mo Yan se fait discret, et provoque des situations incongrues qui vont mettre en lumière le cocasse ou la critique de la situation.  Il nous laisse en prendre conscience parfois tranquillement, au gré de ses descriptions fluides et colorées, comme autant d’estampes prenant sur le vif la Chine actuelle et ses multiples visages.

 


 

A travers ce petit récit amusant et sans prétention,  Mo Yan arrive à montrer de facon frappante la difficulté qu’à « l’ancienne Chine » à trouver sa place dans un monde moderne et individualiste au possible. Seul petit bémol…après une montée en intensité de l’intrigue, l'ouvrage se termine un peu en queue de poisson, et laisse clairement le lecteur sur sa faim. Mais cela aussi fait partie du choix de l’auteur de ne pas donner de réponse, et uniquement de susciter des interrogations.


Principale source : Evene (pour la biographie)

 

 

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Published by Guu - dans ... Lu
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commentaires

Anasthassia =) 02/02/2011 15:16


Le résumé m'intrigue beaucoup, et ton avis n'a fait qu'accentuer cette impression ;) Je l'ajoute à ma wish-list !


Laeti (histoires-de-livres) 20/01/2011 15:15


Heureusement que tu n'as pas dit quelle était cette solution! ça aurait cassé tout le charme! J'ai envie de le lire!


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