J’ai quelque peu délaissé mes chers bouquins ces derniers
temps, puisque, par un malencontreux hasard, j’ai récupéré sur mon smartphone un petit jeu de Mah Jong plutôt sympathique, qui s’est vite avéré être extrêmement chronophage, et a monopolisé les
heures de RER habituellement consacrée à la lecture.
Pour ceux qui souhaitent le savoir, le jeu s’appelle Mah Jong Quest – Oui je sais, très original. Mais bon… je ne suis pas ici pour vous faire une critique du jeu en question, mais plutôt pour présenter le Mah Jong de façon plus globale. Le « vrai » Mah Jong… et la version détournée qui est la plus pratiquée dans nos contrées occidentales, aussi connue sous le nom de Mah Jong Solitaire (Le fameux Taipei de Windows, pour les moins jeunes)
.
Le Mah Jong est un jeu qui mêle stratégie, calcul et psychologie, ainsi qu'une part plus ou moins importante de chance, part qui dépend de la règle jouée. En Asie orientale, le Mah Jong est un jeu d'argent extrêmement populaire.
La composition du jeu varie peu, mais les règles sont très variables d'une ville et d'une région à l'autre. En Occident, sa pratique a connu des modes, mais est restée privée jusqu'au début du XXIe siècle, durant lesquelles le Mah Jong de compétition s'est répandu en Europe suite au développement des règles chinoises officielles.
L’origine de ce jeu fait partie du folklore chinois, et de nombreuses légendes existent, toutes plus romancées les unes que les autres :
La version « officielle » serait que le Mah Jong découle d’un jeu de carte de 40 pièces, et qu’il s’est toujours plus ou moins s’agit d’un jeu d’argent.
Au 18ème siècle, le nombre de tuiles augmenta pour atteindre les 108 tuiles, lesquelles représentaient les portraits des 108 brigands d’un
roman fameux de l’époque ,Au bord de l’eau .
Au fil du temps, le nombre de tuiles augmenta encore pour atteindre les 160 tuiles, avec toutes sortes de tuiles de bonus, y compris les tuiles de fleurs. Des réformistes apparurent et limitèrent le nombre de tuiles du jeu à 144 pour le rendre plus attractif. Les règles du jeu furent alors entérinées et scellées jusqu’à ce jour.
Le Mah Jong fut introduit au Japon en 1907 pour la première fois et jouit immédiatement d’un succès grandissant. Sa popularité explosa mondialement en 1920, quand, lors d'une traversée entre la Chine et les Amériques, Joseph P. Babcock fit découvrir ce jeu nouveau aux passagers. Comme une traînée de poudre, le jeu se répandit et connut un énorme succès, même jusqu'en Europe quelques années plus tard. L'histoire mythique qui rôde autour de son apparition fut très utile pour augmenter sa popularité.
De nombreux clubs de Mah Jong furent créés dans les grands centres urbains et des compétitions furent organisées, notamment entre la Chine et le Japon. Suite à la guerre sino-japonaise le jeu fut dûment interdit mais à la fin de la guerre, l’intérêt du public pour ce jeu refit surface et il devint encore plus populaire qu’il ne le fût avant guerre.
C'est aussi à cette époque que le nom "Mah Jong" fut « officiellement » donné au jeu. Joseph P. Babcok (encore lui), qui l'importa massivement, avait besoin d'une marque qui sonne "chinois" : le "Mah Jong" était né.
En 1998, le gouvernement chinois crée la fédération chinoise de Mah Jong et promulgue le Mah Jong au 255e rang de sport national. Afin de rendre homogène les règles de ce nouveau sport, des groupes de travail ont été composés. Les nouvelles règles officielles chinoises étaient nées. Ces règles sont les plus fréquentes, mais il existe de nos jours plus d'une trentaine de règles différentes. Basées sur les principes identiques pour gagner, les différences sont dans la distribution, et surtout dans le comptage des points.
Mais comment qu’on y joue ???
Le Mah Jong est généralement joué à quatre joueurs. Au début de la partie les quatre joueurs prennent place à la table de jeu de façon aléatoire. La table de jeu doit être carrée et recouverte de tissu suffisamment épais pour amortir le claquement des tuiles pendant le jeu.
A l’aide de jets de dés, le joueur « leader » est désigné. Il est considéré comme le vent d’Est. De la même façon seront déterminés les autres « Vents » : la personne désignée comme vent du Sud, s’assiéra à la droite de celle désignée comme vent d’Est, la personne désignée comme vent d’Ouest en face de celle désignée comme vent d’Est, et la personne désignée comme vent du Nord sera à la gauche du vent d’Est. On remarque que cette disposition est contraire à la disposition naturelle des points cardinaux.
Une fois assis au bon endroit…. essayons de comprendre le fonctionnement du jeu. Une partie de compose de plusieurs manches, dont le nombre
est défini au préalable par les joueurs (mais comment, ça je ne saurais vous dire
).
Chaque manche débute par la construction d’un « mur » carré, chaque côté constituant la pioche du joueur qui lui fait face. Les
tuiles sont ensuite distribuées, à raison de 13 par joueur. Chacun son tour, un joueur va piocher une tuile au bout du mur, l’intégrer à son jeu et rejeter une tuile dont il veut se défaire au
centre de la table. Le but étant d’avoir une main gagnante, à savoir des suites de tuiles selon des combinaisons bien définies (du style Suite, Brelan ou Carré). Vu comme ca, et avec la forte
connotation financière, on peut dire que le Mah Jong est le Poker asiatique. Ou le Poker le Mah Jong occidental…. Au choix.
Si vous souhaitez plus de détails, un certain nombre de sites très bien documentés énoncent les règles, à commencer par Wikipédia.
En Occident, on préfère jouer solo … et sur l’ordi
Le premier jeu de Mah Jong solitaire a été créé pour… un ordi ! Par Brodie Lockard, en 1981, sur un système
PLATO (Programmed Logic for Automated Teaching Operations), le premier système général de commandes assisté
par ordinateur.
Lockard a appelé son jeu « Mah Jongg » parce qu’il utilisait les mêmes tuiles
que le véritable jeu de Mah Jong. La version du jeu sur ordinateur a été publiée libre de droits, puis commercialisée en ligne en 1983.
Cependant ce n’est qu’en 1986 que ce jeu sur ordinateur a connu ses premiers vrais succès : Cette année là, Activision a lancé la version « Shanghai » pour Macintosh et Apple IIgs, toujours avec Brodie
Lockard aux commandes.
Le jeu est vite devenu l’un des plus grand succès de l’histoire avec environ 10 millions de copies vendues à travers le monde, et a été
adapté à une trentaine de plateformes d’ordinateur. Le nom « Shanghai » est d’ailleurs devenu une marque de commerce de la compagnie Activision.
Au cours des années suivantes ,on a vu apparaître des centaines de variantes, copies, améliorations ou imitations. Étant donné que le nom
Shanghai avait été enregistré comme marque de commerce, les auteurs de ces nouveaux jeux d’appariement ont appelés leurs versions « jeux de Mah Jong ». Ce qui a fait
naître une immense polémique à savoir ce qui est du vrai Mah Jong et ce qui ne l’est pas. Faites donc attention quand vous parlez à un puriste du Mah Jong… préférez le terme « Jeu
d’appariement avec tuiles de Mah Jong ». Je sais, c’est plus long, mais bon…au moins c’est une description exacte !
Car en effet, les jeux d’appariement de tuiles et le genre lui-même n’ont pas encore de nom universellement reconnu, même si le nom de « Mah Jong solitaire » s’impose de plus en plus pour décrire ce genre de jeu.
Le célèbre Taipei a lui été créé par David Norris en 1986, et a été ainsi nommé
parce que c’était une version bas de gamme, une pale imitation de Shanghai (Sympa pour les habitants de Taïpei
) Une version de ce jeu était incluse dans le pack de jeux de Windows 3.x, ce qui a contribué à sa diffusion. Indémodable, on le retrouve d’ailleurs encore dans les nouveaux OS Windows
sous le nom de Mahjong Titans.
Ce type de jeu est ce que l’on pourrait qualifier de jeu de « stratégie méditative » : Ils sont de nature stratégique (Et oui
il faut réfléchir
) mais ne produisent pas vraiment de poussées d’adrénaline propres aux jeux d’arcades. Dans le cas
contraire, vous frôlez l’hyper-émotivité !! Ils permettent ainsi de travailler sa concentration, sa capacité d’observation et de reconnaissance des modèles, tout en restant à son rythme. Ils
sont également à la fois facile d'accès et proposent un défi pour la réalisation complète. C’est simple, universel et Zen.
Et voilà sur quoi j’ai passé non-stop mes 10 derniers jours…. Et nuits ![]()
Principales sources: Wikipédia, Lechinois.com, jeudemahjong.com, www.desordre.net